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Derniers jours officiels du projet Men Speak Out

mais déjà des pistes pour continuer à mobiliser les hommes !

Le projet Men Speak Out est un projet européen, financé par le programme Daphne de la Commission Européenne. Il est coordonné par le GAMS Belgique et vise à engager les hommes dans la prévention des mutilations génitales féminines dans trois pays européens : la Belgique, le Royaume-Uni et la Hollande.

Le projet se termine officiellement le 31 mars 2017 après plus de deux ans d’activités (recherche, formation de relais communautaires, campagne de sensibilisation).

Mardi 28 mars, le GAMS Belgique a organisé une soirée publique pour présenter le documentaire de 27 minutes réalisé par Gsara asbl qui retrace les grandes étapes du projet et répondre aux questions de la salle sur les résultats de la recherche, l’implication des hommes, la suite à donner au projet. Le documentaire est accessible ici https://vimeo.com/195425468 (voir ci-dessous).

Plus de 100 personnes étaient présentes pour découvrir le documentaire et assister au débat (mettre photo de la soirée). Engagés en tant que bénévoles pour le projet Men Speak Out, les hommes relais ont pu partager leurs expériences avec un public reconnaissant, et les différentes stratégies qu’ils ont utilisées pour aborder et sensibiliser les membres de leurs communautés respectives sur les MGF. Ce fut aussi l’occasion de découvrir le volet recherche du projet, avec la responsable de la recherche en Belgique, Stéphanie Florquin (voir l’encadré ci-dessous),

Le GAMS Belgique regroupera tous les outils de sensibilisation réalisés dans le cadre du projet MSO et en donnera l’accès à tous ceux et celles qui en feront la demande. Dans le cadre du projet, Seydou Niang a rédigé une brochure, un livre très accessible (disponible en FR et ENG) dans lequel il donne une approche et arguments qui peuvent aider dans la déconstruction des justifications de la pratique. Cet outil sera notamment diffusé auprès de jeunes dans les écoles. Nous annoncerons la sortie de la brochure très prochainement.

Par ailleurs, le GAMS envisage de mettre en place, à partir du mois de septembre, un atelier pour les hommes (Atelier MSO) avec des discussions et animations autour de questions tels que la parentalité, la sexualité masculine et féminine, les identités sexuelles, l’intégration et l’acceptation des diversités, entre autres. Le but est d’intégrer les hommes dans le travail contre l’excision et pour l’égalité entre les sexes en leur donnant une place au sein du GAMS Belgique. Le but est d’organiser, plus tard, des rencontres mixtes pour favoriser la communication hommes-femmes et créer des synergies.

Si vous souhaitez rejoindre ce groupe, contactez-nous et inscrivez-vous ; il est ouvert à tout homme de toute origine.


 

Recherche: Les hommes ont un rôle à jouer, mais ne le jouent pas toujours… 

Dans le cadre du projet Men Speak Out une étude a été menée auprès d’hommes migrants originaires de communautés où les MGF se pratiquent et vivant dans les trois pays du projet, la Belgique, les Pays-Bas et la Grande-Bretagne. Le but de l’étude était de recueillir plus d’informations sur les opinions et la connaissance des hommes sur la pratique de l’excision, leur rôle dans la prise de décision, et de mieux comprendre comment les femmes et les hommes communiquent (ou non) sur la pratique. La recherche incluait une partie quantitative (questionnaires courts) et une partie qualitative (entretiens approfondis et focus groups).

Stéphanie Florquin, du GAMS Belgique, était chargée de l’étude qualitative en Belgique : « C’était vraiment une étude passionnante, j’ai rencontré des hommes (et aussi des femmes) entre 16 et 62 ans, pour leur questionner sur cette pratique dont ils n’avaient parfois jamais parlé. 

Les hommes connaissaient la pratique et étaient souvent au courant des conséquences de l’excision sur la santé et la sexualité des femmes. Le problème pour s’y opposer est que c’est une tradition très ancrée et qu’une fille qui n’est pas excisée risque d’être exclue de sa société, de ne pas pouvoir se marier. Les parents ne peuvent pas toujours décider seuls de faire exciser ou non la fille car les autres membres de la société ont aussi leur mot à dire. »

La dernière étude de l’UNICEF (2013) a montré que dans certains pays, comme la Guinée par exemple, plus d’hommes que de femmes souhaitent voir une fin à l’excision, et les femmes sous-estiment la part d’hommes qui sont contre la pratique. Cette étude a été l’un des points de départ du projet Men Speak Out, et notamment de la recherche, parce qu’elle met en question les idées courantes sur l’opinion des femmes et des hommes.

« Une chose qui m’a particulièrement frappée est le manque de communication entre femmes et hommes autour de la pratique. Même si de nombreux hommes que j’ai rencontrés étaient opposés à l’excision, et ne voulaient pas que leurs filles la subissent, ils n’en parlaient pas avec leurs partenaires. Certains ne savaient pas si leur fille ainée ou leur épouse avaient été excisées. C’est un sujet très tabou car ça touche au sexe, à l’intimité des femmes. 

Les résultats de l’étude en Belgique montrent aussi que les hommes préfèrent souvent laisser la question entre les mains des femmes, ne pas trop s’en mêler, ils partent au moment de la cérémonie ou ne cherchent pas à savoir ce qui se passe. Comme le résume un jeune homme guinée : « [les hommes] ont un rôle à jouer mais ils le jouent pas… quand tu n’es pas contre, cela veut dire que tu es pour » ». 

·       Le rapport de recherche pour l’étude menée en Belgique sera disponible sur le site de Men Speak Out et du GAMS Belgique prochainement.

·       Une synthèse de l’étude comparative des trois pays est déjà disponible sur le site de Men Speak Out. La version complète sera disponible prochainement via le même lien

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