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Que s‘est-il passé depuis la rencontre d’Amsterdam ?

Les 16 et 17 janvier 2016, les hommes-relais du projet Men speak Out de la Belgique (GAMS Belgique), de la Grande Bretagne (Forward Uk) et de la Hollande (Himilo Fondation) s’étaient réunis à Amsterdam. Ils ont pris le temps d’évaluer les compétences acquises au cours de leurs formations respectives quelques mois auparavant. Ils en ont profité et ont échangé de bonnes pratiques. Ils avaient surtout renouvelé leur engagement et élaboré un plan d’action pour la mise en œuvre du projet une fois de retour dans leurs pays.

Que s’est-il passé depuis lors ? Qu’ont-ils pu réaliser ? Quelles difficultés ont-ils rencontré ? Que prévoient-ils de faire dans un avenir proche ?

 

Les nouvelles de la Belgique

De retour d’Amsterdam, les relais MSO de Gams Belgique ont démarré leurs activités de sensibilisation auprès des hommes de leurs communautés. La célébration de la journée internationale de lutte contre l’excision a été un prétexte pour eux de se lancer sur le terrain.

En effet le 6 février 2016 à Bierzet quatre relais ont organisé en collaboration avec le Collectif Liégeois contre les mutilations génitales, une séance de sensibilisation grand public autour de la thématique ; une centaine de personnes issues des communautés concernées y étaient présentes. Souleiman, Dini, Moussa et Aboubacar ont ainsi pu exprimer les raisons de leur implication dans la sensibilisation contre les MGF et insisté sur l’importance d’aborder la problématique dans le cadre familial.

Par ailleurs les relais MSO du Gams Belgique ont réussi à sensibiliser les jeunes dans les écoles, notamment lors des interventions  à l’Institut Marie Immaculée et l’école les Tourterelles à Anderlecht. Ils ont également pu toucher des centaines de jeunes de leurs communautés par le biais du sport.

Lors du tournoi de football « Event’s soccer Academy » en juin 2016 au stade de Molenbeek, Moussa et Bobo qui y ont tenu un stand MSO se sont félicités de la portée de leur message soutenu par l’international camerounais Womé qui était de passage.

En Aout, le GAMS a sponsorisé une journée sportive organisée par la Communauté Guinéenne de Flandres, pendant laquelle les relais Ibrahima Sory et Idrissa Salou ont échangé avec les membres sur les méfaits de l’excision et invité les hommes à prendre le sujet en considération.

Au-delà des évènements publics qu’ils ont organisés ou auxquels ils ont participé, les relais ont mis en place d’autres stratégies d’approche pour aborder la thématique de manière plus ciblée avec les membres de leurs communautés respectives. Ils ont développé trois approches :

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 dans un premier temps chaque relais a commencé la sensibilisation individuelle auprès de ses proches (membre de la famille, amis ou connaissances) ;

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 ensuite ils ont ciblé les endroits de la ville fréquentés par les migrants concernés par la pratique de l’excision (principalement les cafés et salons de coiffure des quartiers Ixelles, Anderlecht et Schaarbeek) et ont entamé des discussions avec les hommes autour de la thématique des MGF ;

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 certains relais à l’instar de Jean Marc et de Sory Ibrahima présidents des associations de ressortissants de leurs pays d’origine ont profité des réunions de leurs associations pour proposer à certains membres de participer à des mini ateliers sur la thématique, puis les ont sensibilisés et se sont appuyés sur eux afin de  toucher d’autres personnes. Ces différentes méthodes ont permis aux relais de faire passer le message de contre argumentation contre les MGF à plus de 1500 personnes dont plus des deux tiers sont directement concernés par la pratique.

 

Dans le volet Recherche du projet, les relais MSO ont réalisé l’enquête quantitative auprès des communautés guinéenne et somalienne. Ils sont allés sur le terrain et interrogés plus de 600 hommes. Cela permettra de faire une analyse comparative avec les résultats des enquêtes de démographie et santé dans les pays respectifs afin de mesurer l’impact de la migration sur la perception des hommes par rapport à l’excision.

L’utilisation des outils (spots vidéos, affiches) réalisés dans le cadre du projet et via les témoignages des hommes relais du programme nous  a permis, à travers leur diffusion dans les réseaux sociaux de toucher pas mal d’individus concernés et vivant dans les pays d’origine.

Nous avons également pu profiter de la notoriété de l’un des relais, Koto Diawo, artiste, comédien guinéen célèbre suivi par des milliers de fans, pour réaliser une petite vidéo en langue peule sous-titrée en français que nous avons publiée.

 

Vous vous demandez si nous avons rencontré des problèmes ?  

Evidemment comme toute action sur le terrain et notamment avec une problématique de ce genre et vu le public ciblé, on a fait face à des problèmes.

En effet les relais ont été confrontés à certaines réticences surtout lors des sensibilisations improvisées dans les lieux publics qui avaient été identifiés auparavant. Certains ont subi des insultes et remarques déplaisantes de la part de certains participants qui voyaient en leur engagement une trahison de leur propre identité au profit de la culture occidentale. Cependant les techniques vues au cours de la formation ont permis à ces relais de gérer les situations de ce genre en sollicitant par exemple l’appui de certaines personnes du groupe qui sont en faveur de l’abolition de la pratique, ou en utilisant la langue du groupe.

Au début des sensibilisations individuelles certains relais ont constaté qu’il y avait parfois des proches qui ne voulaient pas parler du sujet, et la conversation s’arrêtait au bout de 5 à 10 minutes. Cependant la quasi-totalité des relais trouvent qu’il est plus aisé d’aborder la thématique de manière individuelle plutôt qu’en groupe. D’autres disent avoir d’autres priorités que l’excision.

 

 

Prochains évènements

Le 5 Novembre 2016 les hommes relais du projet MSO organiseront une journée de réflexion autour de 3 ateliers : santé, stéréotypes socioculturels, protection des filles contre les MGF. Ils en profiteront pour lire une déclaration publique de soutien aux femmes pour l’abandon de l’excision.

En décembre, une conférence de presse sera organisée pour diffuser les résultats de la recherche qualitative et quantitative.

Nous finalisons pour la fin de l’année  un livre didactique sur la déconstruction des arguments en faveur de l’excision.

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